Café coaching du 26 Mai 2017 sur le thème « Le bonheur ou l’art d’être heureux »

La café coaching a été organisé à l’Ermitage Les Bains par le Groupe Conseil & Services et par Léa Gluszak, Ostéopathe Sophrologue.
Certains extraits du résumé ci-dessous sont tirés du livre de Frédéric Lenoir « Du bonheur un voyage philosophique ».

Le bonheur, un peu d’histoire

1) Etymologie

Les anciens étaient convaincus du caractère aléatoire du bonheur. Les diverses étymologies du mot renvoient presque toujours à une notion de chance ou de destin favorable. En grec, eudaimonia peut s’entendre comme avoir un bon daimôn. On dirait aujourd’hui : « avoir un ange gardien, ou être né sous une bonne étoile ».

En français, « bonheur » vient du latin bonum augurium : « bon augure » ou « bonne fortune ». En anglais « happiness » est issus de la racine happ, « chance ». En effet, il y a bien une part importante de chance dans le fait d’être heureux ! Le bonheur tient beaucoup à notre sensibilité, à notre héritage biologique, au milieu familiale dans lequel nous avons grandi, notre environnement social et professionnel, nos rencontres.

Cependant, par expérience, de nombreuses enquêtes scientifiques le montrent, nous avons une part de responsabilité dans le fait d’être heureux. Nous avons donc par la faculté de notre raison et de notre volonté, d’accroître notre capacité d’être heureux. C’est quête d’une vie bonne et heureuse est ce qu’on appelle la sagesse.

2) Un peu d’histoire

 Au XIXe siècle tandis que le progrès social prend de l’ampleur, émerge une critique de la recherche du bonheur individuel. Au sein du mouvement romantique : c’est le malheur qui apparaît d’ailleurs plus authentique, plus humain, plus émouvant, plus créatif. On cultive « le spleen » source essentielle d’inspiration, et une esthétique de la tragédie, de la souffrance reconnu comme méritoires et créatives.

Flaubert donne une définition pleine d’ironie : « Être bête, égoïste et avoir une bonne santé pour être heureux. Mais si la première nous manque, tout est perdu ».

Schopenhauer : « La vie heureuse tient exclusivement à la sensibilité de l’individu ».

Marx : « aux conditions sociales et économiques ».

Freud : « On peut envisager le bonheur comme un état fugitif, un phénomène épisodique, déconnecté de toute véritable réflexion sur sa propre existence ».

La question du bonheur refait surface dans les années 60 aux USA, au sein du mouvement de la contre culture. A travers une synthèse des spiritualités orientales et de la psychologie modernes se multiplient alors les premières expériences de ce que l’on appelle le développement personnel qui vise à accroître le potentiel de l’individu afin qu’il soit le plus heureux possible.

Les sagesses orientales attirent de plus en plus les occidentaux, en particulier le bouddhisme pour lequel la question du bonheur est centrale. La convergence des 3 mouvements : développement personnel, sagesses philosophique et l’intérêt pour la spiritualité orientale nourrit les nouvelles quêtes individuelles du bonheur et de la réalisation de soi dans un occident en perte de sens et de repère collectif.

On peut difficilement aborder la question du bonheur, sans s’exposer personnellement. En effet, la question du bonheur touche à nos émotions, nos sentiments, nos désirs, nos croyances, et au sens que nous donnons à notre vie !

On me dit souvent « vous êtes sophrologue, vous n’êtes jamais stressée, vous devez être toujours bien, heureuse ? »

Je n’ai aucune honte à dire que si je suis parfois très stressée, qu’il m’arrive parfois d’être malheureuse. Il va de soi que ce raisonnement a été tissé autant par mes lectures que par ma propre vie, et que cela reflète mes influences intellectuelles, spirituelles, mes rencontres en cabinet libéral, mes expériences personnelles. Tout doucement je parviens à trouver le bonheur dans le malheur. Parce que le spleen est créatif et permet de nous développer !


Le bonheur ou l’art d’être heureux

 

Il est beaucoup plus facile pour chacun de nous de répondre à la question : « Qu’est-ce qui me rend heureux ? » qu’à cette délicate interrogation « Qu’est-ce que le bonheur ? »

J’ai dégagé plusieurs points fondamentaux au bonheur :

  • Aimer la vie qu’on mène, aimer son quotidien

La poursuite de l’agréable et le refus du désagréable ne sont pas toujours des boussoles fiables pour qui cherche à mener une existence heureuse. L’expérience montre qu’il est parfois des choses très agréables sur le moment qui produisent des effets négatifs par la suite, comme boire un verre de trop ou céder à une pulsion sexuelle inappropriée.

Le bonheur n’est pas donc pas une émotion passagère (agréable ou désagréable), mais un état qu’il faut envisager dans une certaine globalité et sur une certaine durée. Nous nous disons heureux ou satisfait de notre existence parce qu’elle nous procure dans l’ensemble du plaisir, que nous avons trouvé un certain équilibre entre nos diverses aspirations, une certaine stabilité dans nos sentiments, émotions, une certaine satisfaction dans ses domaines les plus importants : affectif, professionnel, social et spirituel. A l’inverse nous nous dirons malheureux ou insatisfaits de notre vie si elle nous procure peu de plaisir, si nous sommes tiraillés entre des aspirations contradictoires, si nos affects (émotions, sentiments) sont instables et globalement douloureux, ou si nous sommes habités d’un vif sentiment d’échec affectif, social. C’est une certaine durée que nous pouvons juger cet état.

J’ajoute qu’il est essentiel d’avoir conscience de son bonheur pour être heureux. On peut répondre que l’on est globalement satisfait de sa vie que si l’on a réfléchis à sa propre existence.

Le bonheur est un sentiment humain, lié à la conscience et à la connaissance de soi.

La définition sociologique ou psychologique du bonheur renvoie à cette simple question :

aimons-nous la vie que nous menons ?

  • Le bonheur ne va pas sans plaisir

Aristote souligne que la poursuite du bonheur constitue toujours une poursuite du plaisir. Il conclut que le plus grand plaisir réside dans l’expérience de la contemplation, source du bonheur parfait.

  • Donner du sens à sa vie

Être heureux, c’est apprendre à choisir. Non seulement les plaisirs appropriés mais aussi sa voie, son métier, sa manière de vivre et d’aimer. Bien vivre, c’est apprendre à ne pas répondre à toutes les sollicitations, à hiérarchiser ses priorités !

  • Utiliser sa raison pour fonder le bonheur sur la vérité

Ne pas fonder le bonheur sur une illusion ou sur le mensonge. On peut certes se sentir très bien dans une situation illusoire ou biaisée mais ce bien être là est précaire.

Le bonheur d’assister à une belle victoire du tour de France se transforme en dégoût ou en amertume dès l’instant où l’on apprend que le vainqueur était dopé.

Je donne une définition très synthétique de tout ce que nous venons d’évoquer, je dirais que le bonheur, c’est la conscience d’un état de satisfaction global et durable dans une existence signifiante fondée sur la vérité.

  • Se souhaitez à soi même d’être heureux

Le désir de bonheur est essentiel à l’homme, il est le mobile de nos actes.

Chaque homme à au plus profond de soi, une nature qui nous pousse à vouloir être heureux.

Matthieu Ricard dans le Plaidoyer pour le bonheur exprime que l’aspiration première qui sous tend toutes les autres est le désir de satisfaction assez puissante pour nourrir notre goût de vivre.

On a posé une question à un sufi mystique qui était toujours heureux. Les gens l’avaient observé pendant soixante-dix ans et ne l’avaient jamais vu triste. Un jour ils lui ont demandé : « Quel est le secret de votre bonheur ? » Il répondit : « Il n’y a pas de secret. Chaque matin lorsque je me réveille, je médite pendant cinq minutes, et je me dis :  Tu as le choix entre deux possibilités : être malheureux ou être bienheureux; alors, fais ton choix. Je choisis toujours d’être bienheureux. »

Cela ne veut pas dire que la poursuite du bonheur est présente chez chacun. On peut aspirer au bonheur de manière naturelle et quasi inconsciente sans nécessairement le poursuivre de manière consciente et active.

Ces personnes quasi inconsciente ne se disent pas je vais faire ceci pour être heureux mais aspirent à trouver des aspirations concrètes. La somme des satisfactions les rendront plus ou moins heureux.

On peut aussi aspirer au bonheur sans le vouloir, c’est à dire en ne mettant en œuvre les moyens nécessaires pour accéder au bonheur (on aspire à être heureux mais on ne fait rien, ou pas grand chose pour y parvenir). Ensuite et surtout on renonce au bonheur car ce n’est pas la valeur suprême. Une valeur n’est pas un besoin naturel, c’est une construction rationnelle.

Avec Aristote et Épicure un bonheur profond ne peut s’obtenir sans renoncer à certains plaisirs immédiats ni sans mener une certaines réflexions sur nos choix et nos buts. Le bonheur exige de nous intelligence et volonté.

  • Être attentif à l’instant présent

La qualité de présence au monde, aux autres décuple le plaisir. En effet, quand on est attentif et présent à ce que l’on fait, le cerveau sécrète la dopamine et sérotonine substance chimique qui augmente la satisfaction.

La pratique régulière de la méditation ou de la Sophrologie peut aider à vivre en pleine conscience, chaque expérience du quotidien peut aussi bien entendu être source de bien être et produire des effets similaires. Il suffit pour cela d’être à attentif à notre respiration, nos sensations lorsque nous préparons un bon repas, lorsque nous mangeons, lorsque nous marchons, lorsque nous écoutons de la musique, etc… Chaque moment du quotidien peut dès lors venir source de bonheur.

UN EXTRAIT DE MEDITATION DE PLEINE CONSCIENCE POUR S’ENTRAINER À SAVOURER L’INSTANT PRÉSENT :

INTERVIEW DE FREDERIC LENOIR SUR LE BONHEUR :

« Le fou est heureux quand il a satisfait un désir, le sage est toujours heureux parce qu’il n’ a pas de désir ».

Auteur inconnu

 

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